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 [2010] Le passé, de présent, et l'avenir

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Kaleth
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MessageSujet: [2010] Le passé, de présent, et l'avenir   Lun 30 Aoû - 18:51

Kaleth marchait rapidement dans les ruelles mal éclairées de Fornost. La lune brillait d'une lueur éclatante dans le ciel d'Arnor. Silencieux comme une ombre, l'elfe se faufilait discrètement dans les avenues les moins fréquentées de la ville. Ce-faisant, le maître de la Guilde repensait à son entrevue avec l'assassin humain Celàmbor. Cet "entretien" suivi de tests avait fait émerger une question dans l'esprit de Kaleth : pourquoi, nom d'un Valar déchu, pourquoi avait-il créé la Guilde de l'Ombre ? Pour se couvrir de tracas et de responsabilités ? Pour remplir sa vie au point de n'être plus qu'un pion à la tête d'une organisation qui se dirigeait presque toute seule ? Tout était tellement plus simple, songea-t-il, lorsque il ne travaillait encore que pour son propre compte... La vie était tellement plus facile alors... Il acceptait un contrat, le menait à son terme, percevait une récompense élevée... S'il avait continué dans cette voie, il serait devenu Kaleth, la légende de la profession, un modèle que tous admireraient et craindraient en égale mesure, le plus connu des assassins ; une ombre, insaisissable et éternelle, qui aurait parcouru la Terre du Milieu jusqu'à la fin des temps. Cette pensée le hantait : il avait l'impression d'avoir manqué l'occasion de réaliser son rêve de toujours.

Au lieu de quoi, plutôt que de suivre ses capacités, il avait pensé aux Hommes. Ces humains, songea-t-il, qui ne savent pas respecter un code d'honneur dans la profession... Alors, pensant que le Quatrième Âge leur appartenait justement, il avait décidé de laisser sa trace dans l'Histoire d'Ardà d'une façon plus noble, plus altruiste. Se préoccupant du destin d'une autre race, fédérant une grande partie des hors-la-loi de la Terre du Milieu sous une autorité centrale, l'elfe avait créé la Guilde de l'Ombre. Et c'est ainsi qu'il était devenu un être différent de celui de ses rêves : Kaleth, l'assassin elfe, le "mystérieux et éternel Grand Maître de la Guilde des Ombres", dont on dit "qu'il peut pénétrer et ressortir vivant d'une pièce fermée de l'intérieur, verrouillée et gardée par une centaine de gardes d'élite"... Kaleth eut un soupir désabusé : il n'avait jamais voulu frapper ainsi l'imagination populaire... Son rêve avait tourné au cauchemar : il était en train, doucement mais sûrement, de devenir un seigneur elfe, maître d'un royaume, à la manière de cet Elrond qu'il avait tant haï...

Il secoua la tête, fatigué. Tout cela commençait à lui peser. De tous les modes de vie qu'il avait essayé, aucun ne le satisfaisait. Il éprouvait une rancœur profonde à l'encontre des orques, et les autres races ne valaient pas mieux... Alors, à qui se fier ? Il n'avait que quelques relations en qui il avait relativement confiance : Valarion, le roi du Gondor, qui avait toujours été généreux et honorait ses promesses ; Lhunara, son agente en Gondor, qui avait toujours été efficace, en dépit du fait qu'elle lui rappelait son passé ; Borric ; Halt ; Burrich... "Somme toute, pensa-t-il soudain, mes amis se comptent sur les doigts de la main... Mais encore faudrait-il qu'ils changent quelque chose pour moi... Jusqu'ici, personne n'a su me décharger de mon fardeau", désespérait-il, "Jamais personne ne me sera semblable : ni humain, ni elfe, ni nain, ni semi-homme, ni aucune autre race..."


Il y avait longtemps qu'il ne pouvait plus pleurer. Pourtant, il avait tant de raisons de le faire, maintenant... Un autre que lui aurait certainement mué sa tristesse en haine puis en rage, et aurait tué suffisamment de gens pour redevenir serein.
Mais pas lui. Kaleth pensait en effet valoir mieux que ça. Son regard vagabonda un instant sur une de ses lames de poignets, qui, empoisonnées, pouvaient lui donner rapidement le repos auquel il aspirait. Dépliant la lame, il observa son fil aiguisé, la fit briller au clair de lune, se vit dans le reflet... Et ce qu'il put voir dans ce reflet de son regard lui fit horreur. Paralysé, il se tint immobile, avant de replier sa lame d'un air absent, et de regarder ses paumes comme si elles n'étaient pas les siennes... Comment lui, avec tout ce qu'il était, tout ce qu'il représentait pour beaucoup de personnes par delà le monde, pouvait-il en arriver là ? Un ancien adage de son éducation elfique lui revint alors en mémoire : "Même si ce que l'on désire paraît hors de portée, il n'est pas vain de le rechercher." Un instant, il apprécia la justesse de ce proverbe, humant en silence les odeurs nocturnes. Puis quelque chose en lui se verrouilla : il avait résolu de ne plus penser comme un elfe. Fermant les yeux quelques secondes, il cacha le désespoir qu'on aurait (presque) pu lire dans son regard. Lorsqu'il les rouvrit, son regard froid aurait fait frémir la Mort elle-même. Se remettant en route, Kaleth songea qu'il se faisait trop laxiste avec lui-même. Cette deuxième face du Maître de la Guilde ne devait être découverte par qui que ce soit. Il tuerait n'importe qui pour conserver le secret. Personne ne lui ressemblait, personne ne pouvait le comprendre. Personne...

Redevenu Kaleth le froid, il pénétra dans l'auberge de "l'Épée tordue", nom qui reflétait bien comment Kaleth ressentait sa vie. Poussant la porte et la refermant derrière lui sans même y penser, il tourna vivement la tête à sa gauche, surprenant un jeune tire-laine humain d'une dizaine d'années qui s'approchait de lui. Le regard qu'il lui jeta dût effectivement vraiment troubler le garçonnet, qui se hâta de déguerpir. Kaleth observa l'intérieur de l'auberge, le visage impassible : son futur informateur se trouvait quelque part ici...

Apercevant une table seule occupée par une personne dissimulée par les ombres, Kaleth marcha vers ce coin reculé, faisant signe à l'aubergiste de lui servir une bouteille et deux verres. Sans un mot, il paya de quelques piécettes la dépense, et fit amener le tout à table, sans se préoccuper de Celàmbor qui l'avait suivi et devait certainement attendre non loin... "Après tout, c'est un grand garçon.", songea-t-il sans vraiment y penser.

Occupant la seconde chaise, Kaleth s'adossa au mur, et poussa un verre vers son interlocuteur toujours dissimulé, avant d'attirer son propre verre à lui. Il laissa la bouteille au milieu, n'ayant aucunement l'intention de se servir. Parmi les informations qu'il avait pu réunir sur cet éventuel futur informateur, il ne connaissait qu'un prénom visiblement féminin et d'origine elfique :

Elilith...

______________________

" Méfiez-vous de l'Ombre, et de ceux qu'elle dissimule... Elle n'est pas la seule à vous suivre."

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Elilith Galadriel
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MessageSujet: Re: [2010] Le passé, de présent, et l'avenir   Lun 30 Aoû - 22:59

Elilith avait passé la journée à courir d'un endroit à l'autre de Fornost. Passant à travers des ruelles très fréquentées, s'arrêtant au marché, passant par des ruelles moins fréquentées - et fréquentables - tout en achetant, vendant et cherchant des choses diverses pour aider la personne qui l'employait actuellement à préparer la ville pour le sacre. Elle n'était pas beaucoup payée, mais elle était surtout venue à l'ancienne capitale pour observer le sacre et s'amuser quelque peu en compagnie des hommes et des hobbits présents. C'est vrai, elle était venu du Gondor jusqu'ici pour voir quelque peu ce qui s'y passerait. Car qui dit sacre dit action, ces moments de fête étant toujours là où les quelques kamikazes et assassins divers tentaient le tout pour le tout pour tuer un souverain qui serait trop bon - ou trop mauvais - pour son peuple.

L'elfe n'était pas exténuée, juste un peu fatiguée, autant pas l'excitation ressentie dans les rues qui faisaient battre son cœur au son des rires et du stress occasionnés par les préparatifs, que par toutes les personnes semblant faire un manteau étouffant et oppressant dans les rues. Neldor - qu'elle avait prit soin de laisser à l'auberge avec un peu de foin et pas mal d'eau - n'avait pas eût à l'accompagner et quelque peu de repos - c'est à dire jusqu'au sacre - ne lui ferait que du bien, lui qui avait voyagé plusieurs semaines durant sans pouvoir s'arrêter. L'elfe se demandait même parfois comment ce pauvre cheval du Gondor faisait pour ne pas mourir de fatigue tant elle lui faisait faire de la promenade. Mais il était docile, loyal et surtout très plaisant à monter. Le pire c'est qu'il le savait.

Ainsi, après avoir marché d'un bout à l'autre de la ville, sans vraiment réussir à réfléchir à ce qu'elle allait faire après le sacre - ou plutôt où elle allait se rendre - et sans avoir pu penser à sa situation actuelle - qui consistait à vagabonder en rendant des services, payer l'auberge ou se laisser loger par de bonnes âmes, ce que visiblement il n'y avait pas à Fornost - la jeune elfe retourna à son auberge "L'Épée Tordue". Franchement, on ne fait pas mieux comme nom d'auberge. Autant "le Lion d'Or" ou "le Chaudron Mielleux" étaient des noms aguicheurs, autant celui-là ne l'était pas. Or, c'était l'auberge la moins chère de Fornost et la seule qu'elle pouvait se payer. Il est vrai que l'entretien de son armure de cuir, de son épée et de son arc, ainsi que de nouvelles flèches et le nécessaire pour Neldor pouvaient coûter cher, de telle sorte qu'elle n'avait plus grand chose sur elle, sauf ce qu'on lui avait payé en avance - c'est à dire pas grand chose.

En gros, elle avait juste assez pour dormir deux nuits à l'auberge, manger deux repas durant trois jours et... Et c'était tout. Après, il faudrait dormir à la belle étoile et trouver comment manger. Ah, l'argent, c'était quelque chose de terrible tout de même! Pourquoi en a-t-on tant besoin? Elle ne pouvait pas simplement faire comme avec Neldor? Un échange de deux biens ayant la même valeur? Non non, il fallait que tout soit toujours cher, payant... C'est à ce moment là qu'elle se rendit compte, alors qu'elle n'était plus qu'à une centaine de mètre de l'auberge, qu'il faisait nuit et que la lune brillait haut dans le ciel. Elle se permit une petite pause, nez pointé vers le ciel, regardant les étoiles avec un sourire au coin, avant de repartir avec le flot pressé de personnes faisant encore ce qu'ils pouvaient pour se préparer avant d'aller au pub le plus proche et s'enfiler un peu de bière ou de vin, voire des deux.

Entrant dans l'auberge, après être allée voir son cheval, quelque peu fatiguée par toute cette agitation, l'elfe se décida à aller vers un table un peu au fond, tranquillement, pour être cachée à l'ombre, loin des regards que les ivrognes pourraient poser sur elle. C'est vrai qu'avec une dizaine de verres en trop dans le nez, on ne faisait plus la différence entre une élégante elfe aux cheveux longs et lisses et une aventurière aux cheveux en bataille et en armure de cuir. Et du coup, il n'était pas rare qu'elle se fasse accoster par quelques hommes sur le point de tomber à terre pour tenter de la charmer. Bah voyons, comme si un haleine de chacal ayant mangé une dizaine d'ails par jour depuis dix ans allait charmer une elfe, même si celle-ci n'était pas très féminine ou soignée, comme Elilith.

C'est ainsi que la vagabonde commanda à manger - la chose la moins cher et mangeable que l'on puisse obtenir ici - à l'aubergiste en passant devant son comptoir, lui indiquant la place qu'elle allait prendre et s'y dirigeant sans attirer le regard des quelques personnes déjà un peu trop pompettes à son goût. Une fois assise, elle se laissa aller sur son siège, plongeant tout son buste dans les ténèbres qui lui conféraient sa place, jusqu'à ce que l'aubergiste arrive avec de l'eau et ce qu'elle avait prit à manger. D'un façon distinguée, vestiges de son enfance passée en tant que princesse, elle se mit à manger son plat, tout en ayant encore la tête cachée par l'ombre qui se jetait depuis le mur sur son visage. Elle pensait que personne ne la remarquerait, jusqu'à ce que ses oreilles se mettent à vibrer.

A vrai dire, elle l'avait entendu et sentit arriver bien avant qu'il ne se place sur le siège en face d'elle, dos au mur. Elilith ne savait pas qui il était, ni pourquoi il était là, elle ne savait pas non plus pourquoi il s'était installé à sa table. D'abord, il y avait eût l'odeur de l'extérieur qui s'était immiscée dans l'auberge, puis son odeur à lui. Il sentait l'odeur qui caractérisait tous les elfes, tout en ayant un petit plus. Cette odeur mélangeant le poids des années, le sang, les combats. Les tissus qu'il avait sur lui semblaient imprégnés de dizaine de sangs différents. Lui-même sentait le poison à plein nez, de telle sorte que lorsqu'il s'assit face à elle, elle dût retrousser quelque peu son nez, regrettant de ne plus sentir les "délicieuses" effluves de sa tranche de porc qu'elle était entrain de terminer. Et puis, ses pas. Ils étaient presque étouffés, silencieux, prestes et habiles. Elle avait reconnu en cela et en son odeur ce qu'il était: un assassin.

Mais ce n'est pas pour autant que ses poils s'hérisseraient - bien qu'avec l'odeur, ses poils s'étaient quelque peu hérissés - et qu'elle aurait peur de cette homme. Déjà, parce qu'il avait apporté avec lui une bouteille de vin et deux verres et ensuite parce qu'il s'était assit directement sur la chaise. Un mouvement léger, sans bruit, mais franc. Il avait même l'air si détendu qu'elle savait qu'il n'allait pas la tuer. Et à quoi bon la tuer? Personne ne savait qui elle était. Non, pardon, plutôt: Elle n'était personne. Plus personne. Alors pourquoi un assassin la tuerait-il? Pourquoi un assassin expérimenté tuerait une pauvre elfe vagabonde aux cheveux mal coiffés?

Elilith se permit alors de ne pas faire vraiment attention à la personne qui venait de la rejoindre, prenant simplement le verre qui avait été poussé vers elle et le plaçant à côté de son verre rempli d'eau. Elle n'était pas du genre à boire du vin, surtout en compagnie d'étrangers qui ne semblaient pas vouloir eux-même boire de ce breuvage. Elle finit alors simplement son repas, dont il ne restait plus grand chose, de la même façon élégante et soignée qu'elle l'avait commencé - ce qui contrastait beaucoup avec sa tenue actuelle. Elle releva alors la tête, tout en mettant de côté son assiette et s'avançant quelque peu dans la lumière, de telle sorte à ce que son interlocuteur puisse voir son visage.


"Que me vaut l'honneur de voir un Maître Assassin m'importuner au plein milieu de mon repas? "

Si elle avait parlé en la langue des elfes, c'était pour lui signifier que malgré la capuche qu'il portait et qui lui cachait son visage, elle avait reconnu - ou plutôt flairé - en lui la trace de son peuple d'origine. De même, le ton qu'elle avait adopté était plus moqueur qu'autre chose. Non, il ne la gênait pas vraiment, elle se questionnait simplement intérieurement sur le pourquoi de sa venue et s'amusait même de voir quelqu'un de son genre s'intéresser à elle. Car oui, un type comme lui ne s'intéressait pas à quelqu'un sans bonne raison, et même s'il avait une excellente vue, il n'aurait pas pu la reconnaître de loin au point de la trouver attirante. Il était ici donc pour autre chose et, apparemment, avec quelques informations sur elle. Du coup, elle ne savait pas vraiment si la curiosité et l'excitation qu'elle éprouvaient n'étaient pas mal placés. Devrait-elle avoir peur? Ou au contraire être fatiguée et lasse après cette journée très active qu'elle avait vécue?

Cependant, les sens d'Elilith tirèrent la sonnette d'alarme. Ce n'était pas à cause de son odeur pestilentielles ou de son accoutrement, mais plutôt à cause de ce qu'elle avait entendu, il n'y a pas si longtemps, quelque part en Terre du Milieu. Cela parlait d'un vieil elfe, un maître assassin comme celui qui était devant ses yeux. Un homme doué, froid, qui tuait sans pitié. Un elfe pas comme les autres. Et la description qu'on lui en avait faite ce jour-là ressemblait énormément à la personne qu'elle avait devant elle. Un frisson de plaisir, d'excitation et d'angoisse passa le long de sa colonne vertébrale, ses muscles se tendant par la même occasion. Elle savait exactement qui elle avait devant elle. Et elle pouvait craindre de sa vie en temps normal, mais là... Son corps se détendit doucement, alors qu'elle buvait la dernière gorgée d'eau dans son verre. Elle laissa alors le haut de son corps retourner dans l'ombre. Celui qui faisait face au fantôme de Vert-de-bois n'était autre qu'un autre fantôme. Un banni. Kaleth...
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Kaleth
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MessageSujet: Re: [2010] Le passé, de présent, et l'avenir   Mar 31 Aoû - 11:37

Songeur, Kaleth fixait Elilith du regard, cherchant à se faire une première impression de cette jeune elfe qu'on lui avait recommandée. Il promena donc un regard inquisiteur sur toute la personne de son interlocutrice, gravant ce qu'il voyait dans un coin de mémoire. Tout d'abord, ses vêtements : sobres et visiblement fait pour octroyer une grande liberté de mouvement, ils paraissaient usités, même si Kaleth ne décela pas le moindre accroc ayant été raccommodé. Le regard froid du Maître de la Guilde ne s'attarde pas sur l'ensemble des formes du corps de son interlocutrice : cette préoccupation n'avait aucune place dans son esprit. L'assassin elfe inspira longuement et discrètement, lorsque Elilith s'avança. Et son odorat d'elfe lui permit de déceler un parfum sauvage, une senteur forestière, qui, restée comme attachée aux vêtements de l'elfe, lui livrait maintenant la confirmation qu'elle était une femme d'action. Continuant son investigation, Kaleth estima à vue de nez l'âge de cette elfe comme inférieur au sien... et il en eut la confirmation lorsqu'il croisa son regard : celui-ci, trop direct, lui paraissait prouver de manière flagrante un manque d'expérience dans le relationnel du métier. Lorsque la lumière éclaira le visage d'Elilith, Kaleth songea qu'il avait déjà vu ce visage quelque part...

Pensif, l'elfe observa qu'Elilith se désintéressait du vin : dommage. Mais positif dans le sens où elle restait méfiante. Cessant d'évaluer son interlocutrice, l'assassin laissa son regard dériver dans le fond de la salle : l'aubergiste nettoyait une chope, deux joueurs pariaient à quelque jeu de hasard, une tablée de cinq personnes tournait à la beuverie entre amis... Et dans le fond de la salle, discret aux yeux profanes mais évident à ceux de Kaleth, se trouvait Celàmbor.
Ainsi donc, le jeune humain avait eu le cran de le suivre jusqu'ici. C'était bien. D'autant plus que l'idée vint à l'elfe de l'occuper de façon utile. D'un geste discret du doigt par-dessous la table, il lui fit signe de le rejoindre. Puis, attendant qu'il s'exécute, il prépara une bourse de 1700 pièces d'or, accompagnée d'un papier noirci sur lequel il griffonna rapidement sa liste de courses. Levant les yeux, il vit qu'Elilith venait de finir son "repas", et eut un sourire froid. Lorsque Celàmbor arriva, il lui remit le papier, puis, sachant qu'il était vain de chuchoter face à une chasseresse elfe, il murmura simplement, le regard dans celui de l'humain qu'il avait pris sous son aile :

"Va en ville. Trouve Lame. Il me faut ça."

Trois phrases. Neuf mots. Un papier noirci. Et une bourse que Kaleth glissa dans la main de son compagnon.

Spoiler:
 

Puis, se désintéressant de Celàmbor, il reporta son attention sur Elilith, qui le regardait fixement. Lorsqu'elle se détendit et que son visage repartit dans les ombres, Kaleth perdit son sourire. Elle l'avait reconnu... et elle devait avoir l'ouïe et l'odorat très fins pour l'avoir inspecté de la sorte... et l'intelligence... et surtout les renseignements qui vont avec.
Lorsque Elilith ouvrit la bouche, Kaleth eut la conviction qu'il l'avait déjà vue... Quelque part. Il n'aimait pas trop ressasser les souvenirs de son passé d'elfe... Non seulement il était certain de l'avoir déjà rencontrée auparavant, mais de plus son visage lui rappelait certains éléments d'un de ses assassinats passés...

Un demi-rictus énigmatique sur les lèvres, l'elfe parla en une langue dont il usait peu depuis plus de quatre siècles, mais qui ne s'oubliait pas. Son ton sec et sa voix grave tranchèrent dans le silence comme une dague dans du papier :

"Je vois qu'il n'est pas besoin de faire les présentations... Ma venue ne tient qu'à deux choses : la curiosité vis-à-vis d'une elfe qui errerait seule dans la nature... mais aussi, et bien plus, je l'avoue, à la mine de renseignements que vous pourriez constituer pour moi dans l'avenir..."



Ce flot de paroles elfiques fit mal à Kaleth, et il se demanda s'il allait supporter ce langage encore longtemps. Soudain, l'assassin elfe songea qu'il fallait la faire parler au plus vite à propos d'elle, de ce qu'elle pouvait savoir... Il ne voulait pas parler de lui, surtout pas. Il eut une pensée pour Celàmbor, qui devait être arrivé à peu près à destination à l'heure qu'il était. "A moins qu'il ne se soit perdu en chemin." songea l'elfe avec ironie. Mais il se promit mentalement de ne pas ménager ce jeune humain, afin qu'il se forme au métier de la meilleure façon qui soit.

Revenant soudainement au présent, Kaleth s'aperçut que l'elfe face à lui ne l'avait pas quitté des yeux, et n'avait pas pipé mot, preuve qu'elle attendait quelque chose. "En effet, songea Kaleth, qui se laisserait recruter comme informateur sans chercher à connaître plus avant son employeur ?" Posant les mains sur la table, l'assassin les retira aussitôt : il n'aimait pas cette posture. Tournant sa langue dans sa bouche, il la passa sur ses lèvres pour les humecter, puis, un déclic se fit en lui : il se souvint lors de quel contrat il avait été amené à rencontrer cette forme de visage. D'ailleurs, cette elfe, ces yeux, tout lui revenait : le visage était celui de la lignée du frère du roi de la Forêt Noire... enfin, à présent, celle du roi de VertBois. Et ce visage en particulier... il avait trouvé son atout !

Prenant une inspiration, l'elfe croisa le regard d'Elilith avant de lancer en elfique d'un ton froid :

"Le langage n'est pas un lien entre tous les enfants de parents elfes.


Que faites-vous à Fornost, Merenwen de VertBois ?"

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Elilith Galadriel
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MessageSujet: Re: [2010] Le passé, de présent, et l'avenir   Mar 7 Sep - 16:04

La jeune femme, tout comme elle avait inspecté l'homme qui lui faisait face, avait été inspectée. Lorsqu'elle s'était penchée en avant, bien qu'il l'avait fait discrètement, elle avait entendu cette profonde inspiration - ses oreilles étant bien plus aiguisée que pour beaucoup de ses semblables. Kaleth avait un bon odorat, qui s'était probablement affiné pendant toutes ses années d'existence. Elle était curieuse quelle serait l'odeur qu'il sentirait. La forêt? Le fer? Le cuir usé? Un mélange de tout cela? C'est vrai qu'Elilith faisait toujours abstraction de sa propre odeur, pour se concentrer sur l'odeur des autres. De plus, elle était si habituée à elle-même qu'elle ne le sentait plus du tout. Dommage, car en ce moment, elle se demandait vraiment quel serait son odeur.

Alors qu'elle était retournée dans l'ombre, malgré son regard caché dans l'ombre, elle aperçut que les yeux de son interlocuteur ne la regardait pas. Le regard froid - c'était bien celui d'un meurtrier - fixait la salle. Que cherchait-il? Vérifiait-il que les personnes aux alentours ne les écoutent pas? Ou étais-ce autre chose? C'est alors qu'elle le vit sortir un bourse puis griffonner quelque chose sur un papier noirci par on ne sait trop quoi - c'est vrai, que pouvait bien avoir un maître assassin dans ses poches mis à part des armes et des poisons qui pourraient tant noircir un papier? Derrière elle, des bruits de pas. Elle se tendit, plongeant discrètement sa main sur la garde de son épée, posée près d'elle et reniflant l'odeur qui s'approchait. Un odeur semblable à d'autres qu'elle avait pu croiser pendant ses voyages: un assassin banal. Oui, Kaleth n'avait pas la même odeur que les autres assassins, bien que certaines choses dans son odeur permettaient à Elilith de remarquer que l'elfe était un assassin. Un maître assassin pardon.

Toujours tendue, prête à dégainer, elle observa l'humain qui était venu près de Kaleth. Il ne semblait pas très dangereux, un petit air prétentieux et des habits similaires à ceux de Kaleth. Elilith masqua un sourire en se demandant sir l'humain tentait d'imiter le style du maître assassin ou si tous les assassins proches de l'elfe devaient porter un uniforme du genre. Voyant que Kaleth lui donna la bourse et le papier, elle se relâcha, surtout après la phrase qu'il venait de dire. En gros, il envoyait son "disciple" faire des courses. L'elfe ne pût s'empêcher de penser que Kaleth voulait plutôt se débarrasser de l'humain plus qu'autre chose. C'est vrai, Lame était un fournisseur connu pour faire des choses pas très très nettes sur le marché noir - enfin connu dans le sens qu'elle l'avait entendu parler à l'un de ses clients alors qu'elle achetait des herbes médicinales chez lui pour l'un de ses clients à elle - et également un fournisseur de poisons et antidotes en tout genre. D'après ce qu'elle sentait sur son interlocuteur, il avait tant de poisons sur lui, qu'il n'y avait probablement aucune urgence pour acheter tout ceci. Bien sûr, elle pouvait se tromper.

Une fois l'humain parti - et dire qu'avec sa démarche lourde et son odeur à peine masquée elle ne l'avait pas remarqué! Avait-elle était trop absorbée par Kaleth pendant tout ce temps? elle devrait faire plus attention une prochaine fois - elle vit les yeux de Kaleth se diriger vers elle. Sur son visage, bien que resté froid, elle remarqua qu'il réfléchissait. L'aurait-il déjà vue? Elle en doutait fortement. Il avait été banni bien avant qu'elle ne devienne princesse, bien avant sa naissance. Il ne pouvait pas connaître Merenwen. Si c'était le cas, elle était pas dans la merde. Dans tous les sens du terme. C'est alors que le maître assassin prit la parole. Un ton froid, tranchant comme les lames qu'il devait souvent utiliser. Sa voix était grave et son intonation donnait encore plus d'importance à ce qu'il disait. C'était impressionnant et fascinant à la fois, la manière dont il avait de parler lui donnait tant d'importance, de profondeur. Comme s'il connaissait tout sur tout le monde et que ce qu'il disait était absolu. L'utilisation de la langue des elfes ne faisait qu'approfondir cette impression.

Rien que cette prise de parole avait déjà contribué à ce qu'Elilith admire quelque peu l'elfe qui lui faisait face. Dans un sens, il était ce qu'elle recherchait depuis un moment. Une personne de son peuple, ne s'étant pas arrêté à ce qui avait été accompli par celui-ci, ayant fait quelque chose de sa vie, ne restant pas sur la prestance de son peuple mais ayant crée sa propre réputation. En plus de ça, cela se voyait, qu'il avait vécu, qu'il connaissait plus que beaucoup sans s'arrêter à ce qu'il connaissait. Cependant, elle ne le connaissait que trop peu, même pas du tout. Tout ceci n'était qu'un impression et Elilith savait qu'elle ne pouvait pas se baser sur les rumeurs. Certes, cela permettait de cerner un personnage, mais souvent, pour les personnes comme celle qui lui faisait face, les rumeurs sont faussées. Et de plus, elle s'était promit de se faire un avis sur quelqu'un d'elle-même, pas à travers ce qu'elle pouvait entendre.

Bien qu'il ait parlé, la jeune elfe ne répondit pas. Il semblait lui-même dans ses pensées et elle, même si elle était détendue, se méfiait. Il avait bien comprit qu'elle savait qui il était et Elilith n'était pas encore trop sûre du fait que lui sache qui elle soit ou non. C'était cela qui l'empêchait de parler. En plus de cela, il venait de lui demander, indirectement certes, de devenir son informatrice. Et il venait également d'avouer qu'il était curieux de voir un elfe lopin de sa forêt. Pas étonnant, elle-même n'avait croisé que peux d'elfes en dehors des enclaves. Elle n'avait pas croisé de voyageurs étant un elfe. Oui encore des soldats elfes tout court. En gros, il était rare de voir un elfe comme elle, ou lui, dans la Terre du Milieu si on n'en cherchait pas. Alors que les hobbits, les nains et les humains se trouvaient à chaque coin de rue. Quand on vous dit que les elfes sont des asociales de première avec d'autres peuples...

Et puis elle, informatrice? Bah voyons, il ne manquerait plus que ça! Bien qu'elle ait une bonne ouïe, elle ne voyait pas du tout ce qui pourrait l'intéresser dans les informations qu'elle entendrait. C'est vrai, souvent les choses qu'elle entendait n'étaient pas fondés! A moins bien sûr qu'il l'envoie à des endroits bien précis, écouter aux portes avec son ouïe, ou un truc du genre. Encore faudrait-il qu'il sache qu'elle ait une ouïe sur-développée! Mais Elilith ne doutait pas qu'il le devinerait bien assez tôt, ou l'avait déjà deviné. Et puis.... attendez une seconde!

Elilith fût soudainement frappée par une évidence qu'elle se maudit de n'avoir pas remarqué plus tôt: comment Kaleth savait qu'une elfe était ici ce soir? Et qu'elle pouvait faire une bonne informatrice qui plus est? Il devait avoir entendu ça quelque part. Il ne pouvait pas l'avoir surveillé lui-même, d'après ce qu'elle avait entendu, il avait trop à faire pour cela. Alors qui l'avait informé de sa présence à l'auberge, ce soir même? Car il n'avait pas dû la chercher, il savait exactement où elle était. Quelqu'un lui avait dit où elle était. C'était une telle évidence. Mais qui? Et surtout, pourquoi quelqu'un se serait intéressé à elle? Quelqu'un qui savait qu'elle avait été un soldat du Gondor? Quelqu'un ayant été curieux de voir une elfe si "mal" habillée et surtout vagabonde? Toutes ces questions seraient sans réponses, mais la jeune elfe en fit une déduction: Kaleth était bien plus qu'un maître assassins. entouré d'informateurs, de sujets presque, il ressemblait plus à un roi d'un empire caché qu'à un simple assassin. Il avait put-être même plus de pouvoir qu'un seigneur, avec une armée bien plus terrible que n'importe quel roi si c'était vraiment le cas. Tout ceci lui donnerait presque la chaire de poule...

Alors qu'elle même avait ses pensées qui fusaient dans sa tête et qu'elle se posait tant de question tout en restant impassible, elle vit Kaleth mettre ses mains sur la table, les retirer, s'humecter les lèvres. Il allait parler mais ne savait probablement pas quoi dire. Mais cela changea roidement, lorsque quelques secondes plus tard, il lui dit deux phrases qui lui firent l'effet d'un choc. Il savait qui elle était. Ou plutôt qui elle avait été. C'était terrible et excitant à la fois. Mais Elilith ne pût que ressentir de la colère. Il l'avait appelée Merenwen. Elle n'était pas Merenwen. Merenwen avait disparu il y a des années après la bataille menée avec V'ala. Sans cacher sa colère, la jeune femme lança un regard furieux à Kaleth, tout en changeant de dialecte pour le Westron et disant d'une voix dans laquelle bourdonnait une fureur qu'elle ne contrôlait pas - autant lorsque l'on disait son ancien nom que de celui qu'elle avait aimé:


"Je vous interdis de m'appeler ainsi! Merenwen n'existe plus, elle a disparu en même temps que Glorfindor est devenu roi, mettez vous dans la tête que je ne suis pas une princesse. Je ne suis qu'Elilith Galadriel, une personne sans grande importance dans laquelle vous n'auriez même pas dû vous intéresser en premier lieu. Aussi fort et agile soyez-vous Kaleth, je ne vous permettrait pas de me parler de choses que vous ne connaissez pas. Ne m'offensez pas plus en disant ce nom."

Elle se calma alors, prenant une légère inspiration et soupirant. Elle ferma doucement les yeux, inspirant les odeurs l'environnant: l'alcool, la sueur, la nourriture. C'était dégoûtant et à la fois soulageant. C'était son univers actuel. Elle rouvrit les yeux et fixa Kaleth à nouveau avec de la confiance en soi. Elle n'avait pas peur de lui, tout comme elle n'avait pas peur de mourir. Quoi de plus beau que de mourir au combat? Si elle mourrait ce soir, elle n'aurait aucun regret. Si ce n'est peut-être celui de n'avait rien laissé derrière elle dont on se souviendrait. Mais pour l'instant cela lui importait peu.

L'elfe repoussa un mèche s'étant posée devant ses yeux, la glissant derrière son oreille. Elle observa comme une serveuse vint la débarrasser de son assiette et ses couverts, avant de partir tout en jetant un regard inquiet vers l'homme encapuchonné dont elle ne savait rien. C'est vrai, il pouvait faire peur. Cette femme ne viendrait probablement plus à la table. Elilith eût un sourire moqueur pour la pauvre serveuse avant de tourner son attention à nouveau vers Kaleth. Elle n'avait pas répondu à ses question. Es-ce qu'elle devait vraiment répondre? Hum, qu'avait-elle à perdre de toute façon?


"Je suis à Fornost pour aider un peu les gens de la ville avant le sacre. Il faut bien que je gagne ma vie... elle haussa les épaules. Après tout, c'était la pure vérité. Ce qui m'intrigue est plutôt ce que vous faites à Fornost? Et pourquoi vous êtes venu me voir surtout. Bien que j'aie entendu des rumeurs à propos d'Emyn Muil et quelque chose à propos d'une Guilde que vous mèneriez là-bas, je ne vois absolument pas en quoi je pourrais vous être utile. Elle se tût un moment, réfléchissant. Que faisait Kaleth ici? Il n'était forcément pas venu expressément pour elle. Cela avait sûrement à faire avec la ville... Le sacre. Hum, c'est un assassin après tout, non?Ne me dites quand même pas que vous prévoyez quelque chose pendant le sacre? Ce serait d'un cliché, vraiment..."

Un léger sourire moqueur sur les lèvres, alors que la porte s'ouvrit à nouveau. Ah, l'humain était de retour. Il avait fait plutôt vite, s'en était agaçant-. Elle aurait voulu parler plus à Kaleth sans être écouté. Qu'importe, peut-être parleraient-ils à nouveau en Sindarin? Bon, elle préférait de loin le Westron, mais parfois, la langue des elfes était bien utile pour ceux qui savait être les uniques personnes parlant couramment cette langue ici.
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Kaleth
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MessageSujet: Re: [2010] Le passé, de présent, et l'avenir   Sam 11 Sep - 12:47

Kaleth se redressa légèrement, remarquant que Celàmbor était de retour. Puis il se mit à réfléchir : comme il le pensait, l'elfe face à lui avait relativement mal pris le fait qu'il l'appelle par un nom qu'elle avait renié. C'était... intéressant. En fait, elle ne semblait être qu'une princesse éperdue, cachée dans la basse populace des Terres du Milieu, se complaisant dans la solitude et l'anonymat. A cette fin, elle s'était conçu un pseudonyme, qui avait du finir par devenir son nom de rechange, un nom qu'elle avait fini par utiliser et considérer comme sien... Donc il allait falloir jouer finement, et peut-être, finalement, rentrer dans son jeu et éventuellement finir par l'appeler Elilith.

Mais autre chose retenait son attention : l'elfe venait de lui demander ce qu'il faisait, lui, à Fornost. Kaleth sourit, amusé : elle prenait sa question au sens propre pour détourner la conversation d'elle... habile, mais il fallait avouer qu'il l'avait cherché, aussi. Bien, en ce cas, il devait rentrer dans son jeu... néanmoins, il gardait dans un coin de son esprit le sujet qu'il devait aborder en second.
Il jeta un dernier regard à Celàmbor, qui restait dans les ombres, juste devant la sortie de l'auberge : très bien, il attendrait bien là quelques minutes de plus. D'un autre côté, Kaleth remarqua que l'humain portait la commande sous le bras, aussi devrait-il la récupérer à un moment ou à un autre.

Se tournant vers Elilith, Kaleth la dévisagea longuement, la jaugeant du regard : était-il vraiment raisonnable de lui parler de tout ce qui l'amenait à Fornost ? Certainement pas, mais il pouvait commencer à répondre à la question, histoire de... nourrir la discussion.
L'assassin prit la parole en elfique de son ton froid et distant, mais une légère nuance dans son regard montrait qu'il s'intéressait légèrement plus à leur entretien :

"Si c'est ainsi, je pense qu'il n'est pas déraisonnable d'envisager que je vous appelle effectivement ainsi, Elilith... Tant que nous serons d'accord, je ne vois pas l'intérêt de vous frustrer."

Un léger silence s'installa, après quoi Kaleth saisit son verre de vin, et, le portant à ses lèvres, respira profondément, avant de le reposer : ce vin était véritablement de la camelote... il faudra qu'il fasse savoir au tenancier qu'il appréciait qu'on lui serve de la qualité. Relevant les yeux vers Elilith, il reprit la parole, la voix calme et posée :

"Je n'agirais aucunement à Fornost, que ce soit au sacre du roi au à un autre moment. Vous devez oublier que j'ai tout de même le droit de me rendre en simple spectateur à des évènements importants pour la Terre du Milieu... même si pareils moments se font plutôt rares."

Kaleth pinça les lèvres : suffisamment parlé de lui, il fallait parler de l'accord qu'il voulait fonder ce soir... et il fallait en parler maintenant ! L'elfe parla de nouveau, le regard froid, utilisant toujours le langage elfique, malgré la répugnance qu'il lui inspirait en lui rappelant de mauvais souvenirs :

"La véritable raison de ma venue à Fornost, Elilith, est de faire connaissance avec différentes personnes. La Guilde de l'Ombre recrute actuellement des membres, et des agents, mais je cherche également à nouer des contacts, et à élargir encore mon réseau de relations...

En ce moment, j'entrevois en vous un potentiel agent de la Guilde, qui pourrait, par ses multiples déplacements, fournir des informations glanées de-ci de-là..."

______________________

" Méfiez-vous de l'Ombre, et de ceux qu'elle dissimule... Elle n'est pas la seule à vous suivre."

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Elilith Galadriel
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MessageSujet: Re: [2010] Le passé, de présent, et l'avenir   Lun 27 Sep - 22:46

Elilith remarqua l'éclair fugace du sourire de l'elfe sur son visage, dévoilant des dents encore parfaitement blanches, don de la beauté elfique qui l'avait si bien conservé pendant toutes ces années. Il était plus vieux qu'elle, probablement cent à deux cent fois plus vieux. Quoi que, ceci serait un peu exagérer, mais il est vrai qu'elle ne savait pas son âge exact. C'est vrai, à quel âge avait-il été banni? On parlait beaucoup de lui, de quand il avait été banni, de pourquoi, mais pas de quel âge il avait ce jour là. Ni quel âge, celui qui ne trouvera jamais le repos, à actuellement. Peut-être parce que personne ne s'en occupe, peut-être parce que tout le monde croit qu'il n'est pas - ou plus - une menace. Mais l'homme - enfin l'elfe - qu'elle avait en face d'elle ce soir, était tout sauf inoffensif. Il irradiait même de cette aura de menace, de danger, il empestait cette odeur de poison, de sang de mort. Elle n'avait pas peur de lui, mais elle pourrait, car Kaleth semblait être la mort en personne.

Comme dit auparavant, le sourire fût léger, imperceptible presque, vif comme l'éclair. On aurait pu croire à un simple frissonnement des muscles de sa bouche qui se contractaient, comme par un réflexe idiot qu'on arrive pas à retenir après tant d'années mais que le co0nscient arrive à vaincre. En gros, c'était un sourire que l'on n'avait pas occasion à voir souvent. Or la jeune elfe ne savait pas si elle devait se réjouir d'en avoir eût le privilège, ou plutôt se méfier encore plus d'avoir réussi à porter un peu d'intérêt à toute cette discussion...

Tout en continuant à l'observer, les bras croisés sur la poitrine, Elilith remarqua comme le regard du vieil assassin passa vers un endroit derrière elle, probablement vers l'humain qui était revenu il y a peu, coupant quelque peu leur discussion qu'Elilith avait recommencé à parler en Westron. C'est vrai que malgré ce que l'elfe avait pu dire auparavant, malgré le faite qu'il ne semble pas apprécier plus que ça parler en elfique, après l'avoir jaugé longuement du regard comme cherchant les mots exacts pour ne pas trop dévoiler ni pas assez pour ne pas être suspicieux - ce qu'il était cependant déjà rien que de par son métier - il reprit la parole d'un ton froid dans leur langue maternelle qu'était le Sindarin, son visage - ou plutôt ses yeux - montrant un intérêt certain à l'ancienne princesse.

Elilith lui répondit par un sourire, alors qu'il acceptait de l'appeler par son "nouveau" prénom. Cependant, elle savait que c'était simplement pour entrer dans son jeu, en quelque sorte. Une façon pour qu'elle lui fasse confiance, ou au contraire pour la tester encore plus. Elle n'en était pas entièrement sûre, mais elle se méfiait encore, tout en ressentant pourtant une certaine satisfaction, son nom ayant été en quelque sorte reconnu par quelqu'un qui lui semblait important.

L'elfe remarqua également que Kaleth avait continué à parler en Sindarin. Étais-ce parce qu'il ne faisait pas assez confiance à l'humain pour parler en une langue qu'il comprendrait? Ou encore qu'il ait peur qu'une oreille indiscrète de l'auberge ne les entende? C'était inutile. Cependant, elle brûlait de lui retoquer ce qu'il avait dit auparavant: une langue n'était pas un lien entre ceux qui l'avaient comme langue maternelle. Non, ce n'était qu'une langue, rien de plus. Il n'y avait aucune magie dans les mots prononcés. Ce n'étaient que des mots, un jour oubliés, tout comme le Sindarin et le Quenya, un jour, seraient oubliés, les derniers elfes éteints. Car ce jour arriverait, certainement.

Malgré tout, l'elfe se tût, effaçant le sourire qu'elle avait tracé sur ses lèvres, ignorant les bruits de fonds de l'auberge: une bagarre commençait entre deux ivrognes. Ils devraient bientôt partir pour continuer leur discussion, ou alors elle se terminerait ici et elle remonterait se coucher. Quoique, autant de grabuge ne portait pas une bonne nuit. Surtout lorsqu'ils se mettaient à lancer des chaises dans tous les sens. Mais on en était pas encore à cela, pour l'instant, il n'y avait que des bredouilles incompréhensibles pour tout humain sobres et des cris d'ogre bourré. Autant les ignorer.

Mettant ainsi ces sons de côté, mettant l'odeur d'alcool ailleurs pour se concentrer sur celle de Kaleth et de l'humain, histoire de le surveiller lui aussi, elle l'observa porter son verre à ses lèvres, boire une simple gorgée de vin, l'entendant déglutir, avant d'observer un moment son verre, sans réelle expression sur le visage. Mais Elilith savait qu'il devait penser que ce vin avait un goût très désagréable. Elle le savait pour l'avoir goûté et avoir pensé encore préférer les bières de son régiment de soldats. Il reposa alors son regard sur elle, lui disant d'un ton calme qu'il n'était là pour rien à Fornost. Un simple spectateur...

La vagabonde n'était pas prête de le croire. Oui, il avait le droit d'être ici en tant que spectateur, d'observer, mais la commande qu'il avait passé à son apprenti alors que lui-même semblait déjà avoir tout ce qu'il fallait sur lui pour tuer une centaine d'hommes tout au moins, était tout ce qu'il y avait de plus suspecte. Mais elle s'était bien évidemment promise de ne jamais aller trop rapidement aux conclusions, ceci pouvant bien souvent coûter très cher. Surtout avec quelqu'un comme ceci. Alors elle décida de na pas plus le questionner, se disant qu'elle verrait bien. Après tout, elle serait partie dès le sacre terminé au pire des cas. Au mieux, si rien ne se passait, elle resterait encore ici, se faire de l'argent, avant de repartir. Mais d'abord, le laisser parler. Il avait des projets pour elle apparemment, et c'est vrai qu'Elilith, ayant toujours plus soif d'aventures et de voyages, n'allait pas dire non à quelque chose qui lui était avantageux.

Et le voilà, encore et toujours en Sindarin, les lèvres pincées le ton froid, qu'il lui parle de venir faire des connaissances et prendre des informateurs. Elle, informatrice? elle ne voyait pas vraiment quels avantages cela pouvait lui accorder. Elle ne voulait pas avoir à être plongée trop loin dans les affaires de cette "Guilde de l'Ombre" - nom ridicule pour parler d'une Guilde de mercenaires, assassins et voleurs en tout genres si vous voulez mon avis - car cela pouvait lui attirer des problèmes. Être impliqué avec des criminels était toujours un problème. Mais Kaleth était-il vraiment un criminel? Elle devait se faire cette image elle-même, le fait qu'il soit un banni pour les elfes ne lui suffisant plus. Car ce que les elfes avaient un jour décidé ne voulaient plus rien dire pour elle. Si ça se troue, Kaleth était aussi doux qu'un agneau... Bon ok, probablement pas, mais malgré toute la méfiance que lui inspirait ce personnages et les rumeurs qu'elle avait entendu sur lui, elle ne pouvait que ressentir de l'admiration et une envie de mieux le connaître... Douce ironie, quand tu nous prends...

Elilith se décida alors enfin à reprendre la parole, mais pas en Westron, mais bel et bien en sa langue maternelle, bien que cela la dérange. elle ne parlait qu'à son cheval et aux rares elfes - c'est à dire pratiquement personne - qu'elle croisait en cette langue, et parler ainsi à son peut-être prochain employeur ne la réjouissait pas plus que ça...


"Admettons que je vous croie pour votre venue à Fornost, je ne vois pas pourquoi je devrais être l'une de ces personnes privilégiées que vous recruteriez. Un peu de sarcasme ne faisait jamais de mal, et l'accent qu'elle avait mit sur le mot "privilégié" avait tout son sens. Et je me déplace beaucoup, je vagabonde, j'entends et je vois certaines choses, mais elle ne vous seraient très certainement pas utiles. Je suppose même que vous vous fichiez bien de savoir que la fille du patron de cette auberge est une prostituée ou même que l'homme assis à la table du fond a tué le chien de son compagnon de table il y a deux jours. De plus, je ne vois pas ce que pourrait m'apporter d'être votre informatrice personnelle, Kaleth."

Encore du sarcasme, un léger sourire aux lèvres, peut-être un peu d'arrogance, mais durant tout le long, elle n'avait pas refusé sa proposition. Oui, informatrice, mais il fallait y avoir des conditions. Elle les avait exposés en quelque sorte. Premièrement, la lancer à la suite des informations. Car elle savait bien que Kaleth pensait à un certain type d'informations, et elle serait plus utile guidée que simplement lancée dans la Terre du Milieu, continuer à vagabonder pur rien. Ce serait donc faire appel à ses services, l'envoyer quelque part de précis pour chercher quelque chose d'un peu moins précis. Ou le contraire. Deuxièmement, lui fournir une motivation. De l'argent, quelque chose de cher payé, ou autre chose. Quelque chose qui était, aux yeux de l'elfe, plus important que l'argent. En effet, de par la partie du "je ne vois pas ce que cela m'apporterait" on pourrait tout aussi bien croire qu'elle parlait cupidement de l'or. Cette tournure de phrase était ainsi propice pour cacher ses véritables intentions. Troisièmement - et dernièrement - Elilith, si il acceptait ces quelques conditions, n'aurait à faire qu'à lui. Uniquement. Des missives de lui, ou bien encore des rencontres comme celle-ci. Mais si elle devait suivre les ordre de quelqu'un, ce serait uniquement ceux de Kaleth. Car elle n'avait pas envie d'être associée à cette Guilde plus que nécessaire. Et surtout, elle avait envie d'en apprendre plus sur lui. Ce qui revenait au point deux.

Cependant, alors qu'elle pensait ceci, le grabuge de derrière se faisait plus vivace, les voix d'alcooliques s'élevaient quelque peu plus. L'elfe hésita un moment sur le sujet de la dispute - étais-ce l'un qui avait joué au chaud lapin avec la femme de l'autre ou bien simplement une histoire de "c'est toi qui m'as poussé! - Non, c'est toi!" ? - avant de ce dire que ce n'était pas bien important. en tout cas, ce qu'elle savait, c'est que les chaises allaient voler et que les autres hommes ou hobbits bourrés allaient se joindre très rapidement à la bagarre, bien qu'elle n'ait rien à faire avec eux, histoire de créer une baston générale et s'amuser à se recevoir quelques pins.

Elilith se leva alors doucement, lançant un regard tout ce qu'il y avait de plus clair à Kaleth. Elle souhaitait continuer cette conversation, connaître sa réponse, mais apparemment, le lieu qui les abritait auparavant dans les ombres ne s'y prêtait plus. En effet, même s'ils pouvaient encore rester quelques instants tranquilles, bien vite, ils seraient également attaqués par une personne n'ayant plus toutes ses facultés intellectuelles - bien qu'il était à se demander s'ils en avaient une quelconque avant de s'abreuver - et qu'ils doivent se battre. Ce qui n'était pas pratique pendant une discussion.

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Celàmbor
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MessageSujet: Re: [2010] Le passé, de présent, et l'avenir   Mar 28 Sep - 19:59

Le temps s'écoulait lentement, très lentement, alors que mon "maître" discutait avec la dame elfe à l'autre bout de la salle. Depuis que j'étais revenu, les fioles emplies d'herbes en toute sprte pendant à la ceinture, le temps m'avait paru ralentir alors que j'étais obligé de rester dans ce coin obscure de la taverne, à attendre. Je savais faire preuve de patience, lorsque je savais qu'elle serait récompensé, par la mort de ma cible par exemple. Resté des heures, voir des jours, perché en haut d'un bâtiment, l'oeil à l'aguet, l'arc en main, une flèche posée à mes côtés, avant de décocher enfin mon trait mortel dans le crâne de ma cible, j'en étais capable. Mais devoir resté à attendre patiemment sans aucune adrénaline à l'idée d'un peu d'action dans peu de temps me déplaisait fortement. Ce n'était pas le moment de déplaire à Kaleth, aussi je gardais pour moi ces commentaires, me contentant de garder les bras croisés et touts les sens en alerte en surveillant constamment les balcons à l'étage supérieur ainsi que la porte d'entrée, détaillant touts les nouveaux arrivants. Dès que l'un d'entre eux portait une arme, je me mettais à le surveiller dans ces agissements. La plupart se dirigeait vers le comptoir, avide de s'enivrer de boissons fortement alcoolisé. D'autre se dirigeaient vers une table, seul ou accompagné d'amis. Un seul homme me parut assez louche pour que mon attention reste fixée sur sa personne. Le crâne rasé, trois cicatrices lui partant du menton avant d'atteindre le haut de sa tempes, un oeil gris, inutilisable, l'autre brillant d'une lueur maline. Il portait, sous les plis de son vêtement de tissus, une tunique en cuir renforcé, de large courroie de métal sombre la parcourant au niveau du torse et des flancs. Dans chacune de ses courroies, je pouvais voir le scintillement d'un objet métallique, et vu la forme, ce n'était pas une fourchette, mais plutôt un couteau, des couteaux à la lame aiguisée. Mais ce qui m'avait marqué le plus, c'était sa manière d'avancer. Il jetait des coups d'oeil autour de lui assez fréquemment tout en se dirigeant vers la table la plus éloignée possible de l'entrée, non loin de celle de Kaleth.

Je sentais le danger que dégageais l'homme à plein nez, et mes mains s'étaient déjà déplacée subtilement vers le fourreau de mes armes. Ma main droite, posée sur le pommeau de mon épée à la garde noire, ma main gauche dans une poche de ma tunique, le Croc, ma dague à la lame recourbée, fermement agrippée. Au moindre faux pas, l'inconnu découvrirait l'étreinte glacée de la mort sur son corps engourdit par la douleur que je lui infligerais.

Il parlait à voix basse avec un homme plongé dans l'obscurité, visiblement soucieux de ne pas se faire entendre par des oreilles indiscrètes. Plusieurs fois, il sortit de sa poche une bourse qu'il posait sur la table avant de la pousser vers l'homme de l'ombre, qui s'en saisissait avidement. Je surveillais leur petit stratagème depuis un certain moment, quand tout à coups l'homme dans l'ombre s'avança un peu vers son interlocuteurs en me regardant. Il lui chuchota quelques mots avant de se lever, de cacher son visage dans une capuche noire et de s'approcher de la sortie. Je ne devais pas importuner Kaleth, mais je ne comptais pas laisser ma vie s'éteindre aussi facilement, si tel était l'envie de l'homme. Il avançait vers moi, chacun de ses pas sonnant sourdement à mes oreilles. Une lame scintilla dans sa main lorsqu'il passa sous un lustre à la lumière vacillante. Ce fut le moment qu'une servante choisit pour foncer sur lui en regardant ailleurs. Elle le percuta de plein fouet avant de s'effondrer à terre, l'emportant dans sa chute. Quelques curieux tournèrent leur tête vers les deux personnes à terre, avide de cette "distraction". L'homme en noir se releva rapidement, bien trop agilement pour qu'il soit normal. Un assassin... Cela ne faisait pas l'ombre d'un doute. Il voulait m'éliminer car j'en avais trop vu. Mais la servante venait de m'épargner un long combat éprouvant, car à présent que l'attention de bien trop de personne était portée sur lui, il ne pouvait se risquer à m'agresser avec une arme. Il sortit donc d'un pas calme de la taverne. Je croisa furtivement son regard, et y lut une note de menace. Si je le rencontrais encore une fois, il me tuerait. Je venais de me faire un ennemi. Cette perspective était assez excitante, et étonnamment je l'appréciais beaucoup. Dans le métier que j'avais décidé d'exercer, le danger rôde à chaque coin de rue. Pour moi, cette menace était un peu comme si l'on commençait à me prendre au sérieux.

Il fallait que je me reprenne. Ce flux d'émotions fut refoulée, pour simplement faire place à une vide émotionnelle énorme. Le premier homme m'avait échappé, mais je ne laisserais pas le second s'en sortir. Il était complice, et donc sa vie prenait un tournant mortel en me rencontrant. Je m'avança vers lui. Il était toujours assis à sa table, inconscient du danger qui le guettait. Je ne pouvais pas le tuer ici, dans l'auberge. Je m'arrêta donc loin de lui et me glissa dans l'ombre d'un des pilliers principaux du bâtiment. Comme prévu, il ne tarda pas à se lever, puis à se diriger vers la sortie pour retrouver son contact dans un lieu moins voyant. Je lui emboita le pas à une distance respectable, avant de sortir par la grande porte d'entrée. L'air frais m'assaillit une fois dehors, et je pris une grande bouffée d'air avant d'accélerer le pas vers la cible. Il s'était arrêté un peu plus loin, faisant mine de regarder l'étalage d'un marchand d'un air le plus banale possible. Il resta ainsi quelque temps, avant de repartir dans une sombre ruelle. Le moment tant attendue était venue. Kaleth n'en saurait rien. J'allais éliminer ce danger et retourner à l'auberge.

Je pressa le pas. Je rattrapais l'inconnu. Encore vingt mètres. Dix mètres. Mon souffle s'accéléra progressivement. Cinq mètres. Ma dague était prête à recevoir le sang qui lui était dû. Un mètre... Je tendis la main gauche et attrapa les cheveux de ma cible, tirant sa tête en arrière brutalement. Ma main droite passa au dessus de son visage à la vitesse de l'éclair avant de poser le contact froid de l'acier de mon arme sur la tendre chair de son cou. D'un bref mouvement, j'ouvris une large entaille dans sa peau, une flot de sang pourpre jaillissant rapidement. Je rengaina ma dague tout en tenant toujours le cadavre de la main gauche. Passant mes deux bras sous les siens, je le transporta jusqu'à un endroit plus sombre que les autres, et déposa le corps à l'abris des regards indiscrets.

Quelques minutes plus tard, me revoila dans la taverne, à ma place "fétiche", attendant patiemment Kaleth. J'avais eu mon concentré d'adrénalines avec cette traque, et je me sentais capable d'attendre encore des heures. Mais le destin en choisit autrement. Des élctas de voix retentirent dans la salle, et cette dispute dégénéra rapidement en bagarre générale. Mon maître et son interlocutrice se levèrent avant de se diriger vers la sortie, soucieux de conserver un environnement calme afin de continuer leur discussion. Il était temps pour moi aussi de me retirer. Joignait l'entrée à grand renforts de coups de poings et de pieds, je ressorti rapidement pour échapper moi aussi à la bagarre, laissant tout de même deux nez brisé, une jambe cassée et un homme assomé derrière moi.

M'éloignant suffisament pour ne pas déranger le Grand Maitre de la Guilde des Ombres, je m'approcha d'un bâtiment avant de l'escalader du côté le moins visible. Ma présence setait moins dérangeante si elle était invisible, et depuis les hauteurs j'aurais une parfaite vu d'ensemble sur la ville, et ses dangers potentiel. Mon arc abattrait ces derniers s'ils venaient à s'approcher trop de Kaleth. Il ne devait pas être dérangé par des ennuis sûrements minimes à ses yeux. Ainsi, c'est sur le toit d'une maison que je finis...pour le moment.
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Kaleth
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MessageSujet: Re: [2010] Le passé, de présent, et l'avenir   Mer 29 Sep - 21:56

Kaleth se redressa : l'ambiance de l'auberge se gâtait un peu, et visiblement Elilith l'avait senti aussi, car elle s'était raidie, et semblait prête à se lever pour continuer cette discussion ailleurs. L'assassin elfe ne pouvait pas lui en vouloir : on faisait plus calme, comme endroit, pour discuter posément... Jaugeant Elilith du regard, il en déduit qu'elle n'avait définitivement rien contre le fait de sortir respirer un autre air que celui de cette taverne minable. Mais avant, il devait mettre certaines choses au point, afin que la damoiselle puisse réfléchir pendant qu'ils sortiraient. Aussi, se levant, Kaleth prit appui des deux mains sur la table, les paumes contre le bois vieilli et abîmé par de nombreuses entailles. Alors, l'elfe prit une inspiration, avant d se lancer, quitte à mal exprimer son idée. Au fond de l'auberge, un usager renversa une serveuse, mais l'assassin n' prêta aucune attention.Son regard glacé rencontra celui d'Elilith, et il prit la parole de nouveau en elfique, ce qui devenait une habitude dans cette conversation :

"Bien sûr, j'entend bien vous informer des "informations" que je rechercherais en temps voulu, lorsque je vous le demanderais. Il n'y a donc pas de souci de ce côté-ci. Bien entendu, un minimum de secret est requis dans ce métier, et il faudra savoir tenir sa langue... en retour de quoi, je respecterais mes engagements, et je tiendrais la mienne.

Pour ce qui est de ce que cet accord vous apporterais, sachez que la Guilde protège ceux qui la servent, et qu'un bon informateur peut se sentir en toute sécurité dans ses affaires avec nous. D'ailleurs, non, vous n'aurez affaire qu'à moi, quelle que soit la situation.

Mais avant de poursuivre, je suggère que nous allions faire un tour, loin de cette agitation."


Se relevant, Kaleth se mit à marcher d'un pas assuré vers la sortie. C'est alors qu'il aperçut Celàmbor qui sortait aussi, à la suite de quelques usagers. Son œil d'elfe lui permit de constater que sa jeune recrue semblait agité : il paraissait tout sauf détendu. Peu importe, à la limite, songea l'elfe avant de se frayer un chemin à travers la foule. Dès qu'il eut donné quelques coups de coudes, il trouva un chemin vers la porte, et, évitant les clients de l'auberge. Cette foule l'oppressait, aussi se hâta-t-il de traverser la masse d'humains, bousculant quelques hobbits au passage.

Enfin, Kaleth déboucha à l'extérieur de la taverne. Levant la tête vers le ciel, il estima qu'on ne se trouvait maintenant plus très loin de minuit. Attendant qu'Elilith sorte à son tour du bâtiment, l'elfe laissa son regard dériver sur l'enseigne de l'auberge, sur laquelle se reflétaient les lumières de l'intérieur. Il fut tiré de sa brève rêverie par la jeune elfe, qui émergeait elle aussi de la foule, les cris résonnant derrière elle dans un vacarme diffus. Kaleth lui fit un signe du menton vers un endroit sombre, au coin de la ruelle, et s'y rendit d'un pas assuré. Entrant dans la petite impasse, l'assassin elfe jeta un regard alentours : aucune lumière ne parvenait jusqu'ici, mais malgré l'obscurité, Kaleth put voir que, outre quelques rats qui se promenaient au sol, ce coin sombre n'était habité que par une montagne de détritus, et un ivrogne écroulé sur ce tas d'ordures. Entendant les pas d'Elilith derrière lui, l'assassin se retourna vivement. Sa main jaillit, et il agrippa fermement le poignet de la jeune elfe, l'attirant rudement contre le mur délavé, la plaçant dos à la pierre. Puis, avançant son visage jusqu'à ce que ses lèvre soient presque au niveau de l'oreille droite d'Elilith, Kaleth murmura sèchement, d'un ton froid :

"Je vais vous dire une chose, Elilith de Vertbois : une fois que l'on commence à traiter avec la Guilde, soit on continue et tout se passe bien, soit on me déçoit, et alors, les perspectives sont plus sombres. N'allez pas croire que je me moque de votre assentiment : il m'importe, à moi, que vous me répondiez cette nuit, avant que je ne vous quitte... aussi, réfléchissez bien."

Kaleth lâcha alors Elilith, et, s'éloignant d'un pas, il la laissa le toiser d'un air méprisant. Mais, avant qu'elle n'ouvre la bouche, l'elfe aux yeux gris décidé de prendre les devants :

"Ne commencez pas à vous plaindre. Je me doute bien que vous attendez encore ce que je vous offre en retour de vos services. Eh bien, dans un premier temps, la protection de la Guilde, ce qui vous permet de dissuader les représailles si jamais vous vous faisiez des ennemis.

Il y a toujours d'autres possibilités de paiement. Je ne vois pas ce que vous feriez de trop d'argent, Elilith, ou même de paiements en nature, mais si c'est ce que vous désirez... qu'il en soit ainsi. Enfin, je vous informe que toutes les personnes qui traitent honnêtement avec moi sont traitées honnêtement en retour."


Puis Kaleth pivota sur lui-même, sortant de l'impasse. Mais au bout de deux pas, il s'arrêta, s'apercevant qu'il avait oublié un détail. Revenant dans la ruelle ténébreuse, l'assassin approcha du tas de détritus, et, se penchant en avant, releva vivement la tête de l'ivrogne en le tirant par les cheveux. La tête bascula, et Kaleth aperçu la longue rainure cramoisie qui courrait le long de sa gorge, et le flot de sang carmin qui s'en écoulait à flots. L'elfe plissa les yeux : cette blessure ressemblait trop à un outil qu'il utilisait fréquemment pour ses assassinats... Son regard se perdit quelques instants à observer le visage blafard du mort, qui contemplait maintenant le ciel nocturne d'un regard vide, son œil gauche, qui, grisé, ne voyait plus depuis longtemps. Kaleth renifla, avant de faire demi-tour et de sortir de la ruelle : il règlerait cette affaire plus tard.

Se retournant vers Elilith, il prit un air contrit, et, le regard neutre et nettement moins agressif, comme si il se demandait s'il n'y était pas allé un peu fort, l'elfe au regard gris la dévisagea quelques instants, avant de prononcer une brève phrase en langage elfique :

"J'ai un ami qui tient un bordel, pas loin d'ici. Nous y serons bien pour parler. Vous venez ? Vous me donneriez votre réponse une fois arrivés..."

______________________

" Méfiez-vous de l'Ombre, et de ceux qu'elle dissimule... Elle n'est pas la seule à vous suivre."

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[2010] Le passé, de présent, et l'avenir
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